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La petite chronique urbaine de Dominique

Noël islande
La vie a repris son train-train à Reykjavík. Maintenant que les fêtes sont finies. Et elles furent généreuses les fêtes cette année, avec un lundi 24 décembre chômé, sauf dans les commerces. Cette profusion de jours non travaillés porte d’ailleurs un nom particulier en Islande – «stóru brandajól» – lorsqu’un maximum de jours fériés se suit après ou avant le week-end (3 jours cette année donc 5 jours de congés !).

L’origine du nom ? Le calendrier universitaire (Almanak Háskólans) fait le point sur cette dénomination, en précisant toutefois que «stóru brandajól» s’applique quand le jour de Noël tombe un lundi. Bien qu’incertaine, l’origine de l’appellation remonterait au début du 18ème siècle; le préfixe «brand» figurant dans l’appellation latine «Domenica Brandorum» que portait le premier dimanche de carême.

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Et puis la nature islandaise s‘est à plusieurs reprises permise de nous rappeler un peu à l’ordre. Certes pas à nous, les urbains, de plus en plus coupés de la réalité du pays, que nous ne percevons qu’à travers nos écrans plasma, ou encore comme terrain de jeu pour nos mega-jeeps. Mais principalement à ceux qui habitent dans ces coins reculés qui furent un temps (long) le centre vital de la colonisation du pays et le garant de sa survie. Ainsi, dans les fjords de l’ouest, les habitants furent prisonniers chez eux en raison de la neige, sans électricité, faisant chauffer le repas du réveillon sur leur Primus. Tout comme ceux du Nord, enfouis eux aussi sous des mètres de poudreuse depuis septembre, avec des milliers de moutons morts pour tristes compagnons, et pour la première fois, des risques sérieux d’avalanche en des lieux jusqu’alors préservés. Une fois de plus les équipes de sauvetage ont fait des miracles. Ces hommes et ces femmes volontaires sur lesquels compte chaque Islandais et qui répondent toujours présent. Leurs interventions sont entre autre financées par la vente des feux d’artifices durant les fêtes de fin d’année. Paroxysme d’un consumérisme qui se nourrit de bonne conscience, elle-même largement mise en exergue sur les médias sociaux.
Ultime jour de fête, le 6 janvier, ce sont les elfes qui ont repris la vedette en lieu et place des rois mages de l’Epiphanie; les feux de solstice ont changé de nature et ont accueilli les rois des elfes. Nous avons refermé la fenêtre de ces journées où la lumière se bat encore avec le plus profond des ténèbres. Nous avons enlevé guirlandes et décorations lumineuses et nous nous sommes replongés dans la nuit des blizzards, de la neige, des aurores boréales, en attendant avec patience que le jour rallonge, quelques timides minutes d’abord, puis à pas plus généreux.
Bonne année !

À propos de Dominique

Slow foodienne à 100%.

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