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Reykjavik

Quand je n’y suis pas. En Islande.

Quand je n’y suis pas. En Islande. Il m’arrive encore de m’éveiller en pensant que je vais la croiser. Qu’il me suffira de m’habiller, de descendre l’escalier qui mène à la caféine, à la conscience de soi donc, puis d’enfiler une parka et de faire quelques dizaines de mètres pour l’apercevoir. Elle me saluera au coin d’une rue, avant un autre coucou à l’angle d’une autre.

Nous ne sommes jamais très loin l’un de l’autre. Quand bien même le voudrais-je il me serait difficile de l’éviter. Elle m’entoure. Elle me cerne des ses bleus atours. Parfois, taquinée par un souffle océanique, elle déborde même d’un violent amour qu’il est préférable d’affronter bien protégé.

Calme ou agitée, j’aime l’approcher. J’aime lui faire face et lui parler. Perché sur un rocher noir, je la fixe, je la nargue et ça l’énerve. Alors elle me gifle. A force de lui crier qu’elle ne pourra jamais m’atteindre, elle se cabre, elle se lève et me lèche. Sans que jamais je puisse deviner d’où partira l’assaut. Sans que jamais je parvienne à échapper à ses doigts diaphanes et humides. Lorsqu’ils se brisent sur ma peau rougit par le froid en mille éclats aqueux, je me borne à fermer les yeux. Sans cesser de la provoquer en lui souriant. Nous jouons ainsi de longues minutes. C’est toujours moi qui perd. Je finis toujours par céder à ses coups rafraichissant à répétition. Alors je la quitte, après l’avoir salué. On verra bien si elle est de meilleure humeur demain.

Mais demain, je n’y serai pas. En Islande.

À propos de eric

Chroniqueur taquin en phase d'apprentissage.

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8 comments

  1. Beau texte et c’est vrai que les sensations que l’on peut ressentir dans un lieu ne s’effacent pas quand on en repart !

  2. Merci pour ces belles sensations Eric!

  3. tout simplement magnifique…

  4. talents cachés de poète Roger ?

  5. Roger Miesiac

    Moi non plus, je n’y suis pas ! Ou plutôt…. j’y suis tous les jours. C’est elle qui me suit, me rappelle sans cesse à son bon souvenir. Elle ne me lâche pas, elle est devenue objet de comparaison. Elle sommeille au fond de moi, puis resurgit sans raison.
    Du fond de ma plaine, je regarde au loin les montagnes. Un peu plus haut, les sombres nuages glissent doucement. Il va pleuvoir, et je m’en fout, les pluies ici sont ridicules, elles mouillent à peine. Le vent ici est trop doux, il murmure, ou tout au plus chuchote.
    Je suis privé de désert et de cailloux. Le bitume a remplacé la lave, et les fumerolles ne sortent que des égouts.
    Moi aussi, j’ubiquite tous les jours, et ne rêve que de retour. Je sais qu’un jour viendra où je serai à nouveau entres ses bras. Ses bras si froids, si chauds, si loin, si proches.
    Je sais que jamais, cette passion ne s’éteindra.

    P.S. : je n’ai pas mis de « s » à loin parce que le correcteur d’orthographe n’a pas voulu. Sinon, il est super ton texte.

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