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Vox Feminae : l’Islande à Paris

Il est des soirées d’hiver où l’Islande vient à vous dans l’intimité d’un appartement parisien.

Des soirs où résonnent des voix enchanteresses qui, cette fois, ne proviennent pas d’un disque. Ce fut le cas vendredi 22 novembre dernier à la résidence de l’Ambassade d’Islande à Paris. Ce soir-là, les diplomates ont cédé le devant de la scène à d’autres ambassadrices : celles d’une culture musicale islandaise, en marge des Bjork et autres Sigur Ros, qui ne manquent pas de caractère non plus.

A l’occasion de ses 20 ans, Vox Feminae a rendu sa première visite à la capitale française il y a quelques semaines. L’occasion pour la formation de donner deux concerts à la cathédrale Notre Dame et un troisième à l’église de Saint-Germain-des-Prés. Fondé à Reykjavík en 1993 par la chef de chœur Margrét J. Pálmadóttir, les Vox Fominae constituent une chorale exclusivement féminine, composée d’une cinquantaine de membres, de 18 à 60 ans. Le nom du groupe pourrait à lui seul résumer les choses : dans Vox Feminae, il y a la voix, et plus précisément, celle des femmes. Non pas les voix, mais bien la voix. Car, ce qui reste de cette diversité de figures de tous âges, c’est une identité singulière, une harmonieuse unité. Ces dizaines de voix qui n’en font qu’une et forment une polyphonie s’inscrivent dans la définition même de l’harmonie : l’unité dans la différence.

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Ce soir-là, dans les salons de l’Ambassadrice se sont élevées les voix de la petite trentaine d’islandaises présente, accompagnée au piano par Gudny Einarsdottir. Les sons envahissaient l’immeuble, couraient le long des murs, grimpaient les marches de l’escalier quatre à quatre et nous conduisaient déjà séduits, mais toujours curieux, jusqu’à la résidence. Incontestablement, l’Islande était là, et elle le faisait savoir. A mesure que l’espace s’emplissait des timbres féminins, qui montaient et descendaient tels des geysers sonores, nous étions saisis par la justesse de ces voix à la fois douces et puissantes. Tandis que les bouches, alternant la légèreté des tonalités les plus hautes à la caresse des plus basses, s’ouvraient en formant voyelles et syllabes au rythme des indications de la chef de coeur, nous restions bouches bées. Durant les quelques minutes qu’a durée la représentation, j’ai vu l’océan capricieux déferler sur les murs clairs de la résidence, j’ai observé le vol lent et gracieux des oiseaux traverser les pièces, perçu la douceur lumineuse des journées ensoleillées dans les fjords, retrouvé la solitude des champs la lave et senti la chaleur des maisonnées en hiver et celle de leurs habitants; j’ai trouvé refuge en Islande et oublié le quotidien parisien.

Puis le son s’est évanouit dans une douceur qui nous a laissé un peu pantois, étourdis, émus aussi, avec la conscience d’avoir savouré un moment privilégié, d’avoir joué le rôle de parfaite caisse de résonance, vibrant de la pointe des pieds à la racine des cheveux. Voilà une rencontre en musique qu’il ne fallait pas manquer.

À propos de Marie

Rat de bibliothèque, grignoteuse de tofu.

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