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Ég er Charlie : hommages d’Islande (2)

Ég er Charlie : hommages d’Islande (1)
Ég er Charlie : hommages d’Islande (3)

En réponse à l’invitation de Vivre en Islande, quelques personnalités Islandaises ont accepté de témoigner, de commenter, chacun à leur façon, les attentats perpétrés en France.

Pour l’anecdote, le Premier Ministre Sigmundur Davíð Gunnlaugsson avait lui aussi été officiellement convié par l’Ambassade de France en Islande à se rendre à Paris pour la marche républicaine de dimanche dernier. Il ne s’est pas déplacé, prétextant que l’invitation était arrivée un peu tard et qu’il n’avait pas été invité par François Hollande en personne. Certaines rédactions, ainsi que les réseaux sociaux locaux se sont emparés de l’information. Un hashtag #ástæðanfyriraðfaraekki (#laraisonpournepasyaller) s’est mis à circuler. Chacun y allant de son commentaire facétieux : « J’adore Paris au printemps mais en janvier…bof », « J’ai pas trouvé de chaussure Nike assez belle pour l’occasion » (référence à une photo de SDG le montrant portant des chaussures de la marque américaine), « L’invitation est arrivée tard et tous les sièges Saga Class étaient occuppés », « Manger de la viande étrangère c’est dangereux », « Il faut qu’on marche combien de temps vous dîtes ? », « C’était le soir des Golden Globes ! »…

Dominique Plédel Jónsson estime que « depuis sa prise de fonction, le premier ministre a été largement critiqué pour ses positions vis à vis de la presse, du public, se posant régulièrement en victime des assauts dit-il répétés de la part de ceux-ci. Le parti progressiste dans son ensemble et son président en particulier manquent cruellement d’expérience politique, et bien souvent il semble que le seul fait d’avoir accédé au pouvoir leur ouvre la porte d’une attitude que l’on pourrait qualifier de dictatoriale : « je suis au pouvoir donc je fais ce que je veux ». Concernant son absence lors de la marche républicaine du dimanche 11 janvier, il n’a probablement pas saisi la portée de l’événement et la nécessité de marquer la solidarité du pays vis à vis de la France et du peuple français et européen. Aucune excuse plausible officielle n’a été avancée, et le premier ministre a réagi comme si souvent auparavant en se cachant derrière un « malentendu »; les islandais n’ont pas compris sa position et c’est la faute de l’opposition parlementaire… C’est ce qu’il exprime sur un ton acerbe sur sa page Facebook, qui sert souvent de support où trouver ses explications. Le problème est qu’une fracture de plus en plus évidente est en train de se former entre les partis au pouvoir, en particulier le parti progressiste qui ne mesure plus que 11% dans les sondages (soit autant que les Pirates ou le parti de gauche Vinstri Grænir), et le dit parti ne semble pas avoir la capacité de réagir afin de la combler. »

« Je suis Charlie » vu par l’Islande

Sans la gentillesse et la réactivité d’Estelle Burgel, de Berglind Margo Tryggvason Þorvaldsdóttir et de Félicie Eymard les textes en anglais n’auraient pas pu être traduits à temps.

je suis charlie en islandeVigdis Finnbogadottir

Présidente de la république d’Islande de 1980 à 1996

Lettre adressée le 9 janvier 2015 à l’Ambassadeur de France en Islande, Monsieur Philippe O’Quin.

Monsieur l’Ambassadeur,
le monde entier est en deuil depuis l’odieux attentat au journal Charlie Hebdo. De grands défenseurs de la liberté de l’expression y ont été cruellement abattus, laissant un trou béant dans le paysage journalistique du monde francophone, laissant le monde meurtri.
Je tiens à exprimer mes sincères condoléances à tous les proches des victimes, ma solidarité à l’ensemble de la presse face à cette atteinte inqualifiable à la liberté d’expression, valeur-pilier de la démocratie, et ma profonde sympathie à la France, blessée dans sa chair.
Nous sommes tous Charlie et devons tous faire preuve d’unité pour préserver l’esprit de la liberté, valeur républicaine, fondamentale.
Veuillez recevoir, Monsieur l’Ambassadeur, mes très sincères condoléances et l’expression de ma plus profonde sympathie.

Birgitta JónsdóttirBirgitta Jonsdottir

Député à l’Althing & membre du Parti Pirate Islandais

Aux militants créatifs de Charlie Hebdo qui forcent à l’ouverture notre compréhension de la norme et aux cataliseurs de ce monde qui osent parler quand les autres restent silencieux. Que le peuple de France, toutes ses origines confondues, comprenne qu’il EST le pouvoir et non le pantin des démagogues. L’expression de la liberté est aujourd’hui restreinte et cela au nom même de la liberté d’expression. Ne prêtez pas oreille au Novlangue*. Amour et rage.

* le Novlangue est une langue créée par George Orwell dans son roman 1984 et dont la particularité est que son vocabulaire s’appauvrit chaque jour.

~English version~

For the creative activists at Charlie Hebdo who force our understanding of the norm to open up and the catalyst of the world who dare to speak when all others are silent. May the people of France from all backgrounds understand that they are the power not the puppets of populists. Now is the time when restrictions on freedom expression will happen in the name of freedom of expression. Don’t buy the NewSpeak. Love and rage.

Listen
your words are mighty
your images are clear
war IS war
not peace
Fight with your pen
you are the fool of fools
Open the space between space
the world between worlds
between your words
The world is not simple
It unfolds in layers of understanding
and misunderstandings
Create that empty space
of understanding
by being unbearably honest
Create that space for free thinking
curling through your words
To strike in the heart of hearts
like a bolt of wisdom
Truth is truth
seek it
speak it
The bush is on fire
illusions run deep
seek, speak, the truth
unbearable or not

Écoute
Tes mots sont puissants
Tes images sont claires
La guerre EST guerre
Et non paix
Bats-toi avec ta plume
Tu es le fou des fous
Ouvre un espace entre les espaces
Le monde entre les mondes
entre tes mots
Le monde n’est pas simple
Il se dévoile en degrés de compréhension
Et d’incompréhensions
Crée cet espace vide
De compréhension
En étant intolérablement honnête
Crée cet espace pour une pensée libre
Se déroulant à travers tes mots
Pour toucher au Coeur des coeurs
Comme un éclair de sagesse
La Vérité est vérité
Cherche-la
Énonce-la
Le Buisson est ardent
Les illusions s’enracinent
Cherche, parle, la vérité
Insupportable ou non

je suis charlie en islandeSigurdur Pálsson

Écrivain & traducteur

J’avais du mal à y croire quand j’ai vu la nouvelle sur un site d’infos sur le net : Wolinski mort, Cabu mort… et tous les autres.
J’avais l’impression d’avoir perdu des proches, des gens que j’ai suivis depuis mon arrivée en France à 19 ans vers la fin des années soixante.
Ces artistes de l’humour assassinés en plein travail en plein jour à Paris.
Et puis ces autres meurtres, d’un anti-sémitisme flagrant. J’ai pensé à mes années dans le Marais quand j’habitais rue des Rosiers et rue Vieille-du-Temple.
Et puis il y a eu ces meurtres de policiers, qu’on appelle aussi gardiens de la paix.
Mais l’immense majorité a répondu en déclarant : Je suis Charlie, Je suis Juif,
Je suis flic. Je fais de même.
L’humour vivra ! L’unité vaincra !

stefan maniStefan Mani

Écrivain (traduit en français par Eric Boury)

Les meurtres de personnes innocentes me rendent à la fois tristes et en colère. La montée des islamistes est un phénomène dont chacun se soucie ou devrait se soucier. Je commence à vraiment en avoir marre de la religion. De toutes les religions organisées. Elles devraient être interdites. Mais semblable interdiction ne ferait que mettre de l’huile sur ce feu qui à l’air de brûler dans tant de coeurs en colère. La question la plus importante est celle-ci : Pourquoi un si grand nombre de personnes ont tant de haine en elles ? Pourquoi tant de personnes sont-elles prêtes à tuer autrui et à mourir au nom de quelque-chose de surnaturel ? Est-ce en raison de la pauvreté et d’un manque d’éducation? Ou y a-t-il une autre raison ?

~English version~

The murders of innocent people make me both angry and sad. The uprising of Islamic extremists is something that everybody is or should be worried about. I am getting so sick of religion. All organized religion. It should be banned. But such a ban would only add fuel to the evil fire that seems to be burning in so many angry hearts. The most important question is this : why do so many people hate so much ? Why are so many willing to kill others and die themselves in the name of something supernatural ? Is it because of poverty and lack of education ? Or something else ?

Guðmundur Andri ThorssonGuðmundur Andri Thorsson

Écrivain (un roman traduit en français par Eric Boury sera publié cette année) & chroniqueur pour Fréttablaðið

L’Islam fait partie de l’Europe depuis la nuit des temps, tout comme le terrorisme en corrélation avec différentes idéologies : le nationalisme, l’anarchisme et toutes autres sortes de rêves politiques. Il n’y a pas de Nous et Eux en ce qui concerne l’Islam ou le Christianisme, l’Athéisme ou tout type de Weltanschauung*.
En revanche, il y a un NOUS et EUX dans le contexte du terrorisme.
Sacrifier sa vie et celle de nombreux autres pour le simple droit d’être vexé par une blague est d’une futilité monstrueuse. Il n’y a pas de plus grande perversion de la vie que de l’utiliser à des fins macabres et destructrices. Aucun être humain fier ne fait ce genre de chose. Pourquoi nous haïssent-ils, se demandent sans cesse certains au sujet des jihadistes ? Évidemment, nous pourrions nommer quelques raisons : Israel, l’impérialisme américain, l’injustice, le racisme, les discriminations… Et ils pourraient compléter ces raisons avec d’autres sources de haine, totalement invraisemblables, telles que : les écolières, les homosexuels, les dessins, l’existence d’autres musulmans de sectes différentes… Parfois on dirait que ces radicaux haïssent tout excepté la haine. Et la haine semble être une drogue fort puissante.
Peut-être devrions-nous plutôt nous demander : pourquoi se haïssent-ils eux-mêmes ?

* Weltanschauung est un concept apparu chez les philosophes allemands qui en soi signifierait conception (subjective) du monde.

~English version~

Islam has been a part of Europe for ages and so has terrorism in connection with all sorts of different ideologies; nationalism, anarchism and all sorts of political dreams. There is no us and them regarding Islam or Christianity, Atheism or other types of Weltanschauung. But that division is there when it comes to terrorism.
To sacrifice your life and many others for the right to be offended by a joke is somehow monstrous in its silliness. There is no greater perversion of life than using it on death and destruction. No proud person does such a thing.
Why do they hate us, some people keep asking about the jihadists. Well of course we could name a few reasons – Israel, American imperialism, injustice, racism, discrimination … and they might also mention some things that seem very strange to hate: Schoolgirls, gay people, cartoons, other muslims belonging to different sects … Sometimes it seems those radical islamists hate everything except hatred. And hatred seems to be a very powerful drug.
Maybe we should rather be asking: Why do they hate themselves ?

Haukur S MagnussonHaukur S Magnusson

Rédacteur en chef The Reykjavik Grapevine

Nous étions concentrés sur le développement du numéro de Janvier de Reykjavík Grapevine quand nous avons entendu parler de l’attaque contre la rédaction de Charlie Hebdo.
Au début, nous n’avons pas vraiment réalisé. Nous nous sommes peut-être dit « Oh, un peu plus de problèmes dans le monde. Quel dommage, le monde peut être un endroit si sombre ! »
Mais on a réalisé ensuite, petit à petit : « Ces gars-là de Charlie Hebdo étaient des putains d’enculés subversifs, leur magazine était un petit magazine, en marge du discours public, qui essayait de se moquer de l’ordinaire, géré et employant un groupe de marginaux. Exactement comme nous. » Cette pensée a d’abord été sous-jacente, puis s’est avancée, puis a été chassée. Nous chez RGV ne sommes pas comme CH mais nous nous sentons comme une fratrie. Un petit bureau éditorial, quelques personnes qui aiment s’amuser et qui aiment faire entendre leur voix à travers l’irrévérence et l’humour. Nous pouvions évidemment comprendre. Nous avons pensé : « Quel privilège nous avons, de pouvoir dire tout ce que nous voulons, à n’importe quel putain de moment. Quand dans le pire des cas un patron de restaurant en colère balance des oeufs sur notre bureau ». Et ça, c’est censé être le pire qui puisse arriver. Parce que nous sommes les clowns, nous sommes ceux qui nous amusons, nous sommes ceux qui nous engageons dans des discours irresponsables parfois, parce que de temps en temps, c’est ce qui est nécessaire, car il faut qu’il y ai un lieu pour chaque point de vue, surtout pour ceux qui sont stupides, régressifs et irrévérencieux. Nous nous attendons à être ridiculisés, ignorés, menacés de coups, raillés. Mais une limite a été franchie.
Donc, ce soir-là. Alors que nous étions en train de finaliser le journal pour l’impression. Nous avons commencé à pleurer. L’équipe de Charlie Hebdo c’est chacun de nous, on peut tous se reconnaître dans l’esprit d’un blagueur, mais nous avons perçu ce qui s’apparentait peut-être à un lien spécial de parenté, parce que ces gars étaient juste en réunion éditoriale, ils ne faisaient que papoter et évoquer les trucs dont ils pourraient se moquer dans la prochaine édition.
On l’a fait si souvent.
Nous sommes devenus sentimentaux, puis nous avons décidé d’ajouter un supplément de quatre pages au journal, afin que nos caricaturistes puissent peut-être avoir leur mot à dire, pour pleurer nos collègues, nos compatriotes. Il n’est pas question de politique ou de religion. C’était un acte de violence insensé, la pénultième sombre fin quand la poigne de fer de l’irrationalité et de la haine s’écrase. Et quel que soit le jour où cela se passe, c’est un triste jour.
Nous pleurons nos collègues de CH, et en leurs noms nous nous engageons à continuer à être irrévérencieux, à continuer à dire la vérité au pouvoir, à continuer à ne pas avoir peur. Pour s’opposer à la haine, s’opposer à la violence. Parce que cette attaque ne devrait pas être considérée comme le signe d’un mouvement politique ou de troubles religieux. C’est un acte de violence dépourvu de sens. Et ceux qui l’on commit ne représentent rien d’autre que la violence et la haine. Qui poussent partout. Et sur lesquelles on ne devrait s’épancher à aucun moment, et qui ne méritent pas qu’on y pense.
Un acte insensé ne mérite aucune considération.

~English version~

We were deep in making the January issue of Reykjavík Grapevine when we heard of the attacks on Charlie Hebdo’s editorial offices. At first, it didn’t really register. « Oh, some more trouble out in the world. That’s too bad, the world can be such a dark place, » we maybe thought. But, then, it kept crawling in. We realized: « Those Charlie Hebdo guys were some subversive motherfuckers, their magazine was a small one, on the sidelines of public discourse, trying to poke fun at the mainstream, run and staffed by a bunch of misfits. Just like us. »
This thought lurked, then crawled, then overcame.
We at RGV are not a lot like CH, but we feel a kinship. A small editorial office, some fun loving folks who like to make their voices heard through irreverence and through humour. We could certainly connect.
We thought: « What a privilege we have, to be able to say whatever the fuck we want, whenever the fuck we want to. When the worst that happens is some angry restaurant owner egging our office. »
And that’s supposed to be the worst that can happen. Because, we are the clowns, we are the ones who have fun, we are the ones who engage in irresponsible discourse at times, because sometimes that’s what’s needed, because there needs to be a venue for every point of view, especially the dumb, farty, irreverent ones.
We expect to be ridiculed, ignored, threatened with beatings, scoffed at.
But a line was crossed.
So, that evening. As we were just finalizing for print. We sort of started crying. CH staff is everyone, everyone can identify with the joker, but we felt what was perhaps a special kinship, because those guys were just having their editorial meeting, they were just shooting the shit and talking about what to make fun of in the next edition.
And we’ve been there so many times.
We got emotional, and then we decided to add an extra four pages to the paper, so our comic artists could perhaps have their say, to mourn our colleagues, our compatriots.
This isn’t about politics and it isnt about religion. This was a senseless act of violence, the grim penultimate ending when the iron fist of irrationality and hate smashes down. And whatever day that happens, that’s a sad day.
We mourn our colleagues at CH, and on their behalf we pledge to continue being irreverent, to continue speaking truth to power, to continue being unafraid. To oppose hate, to oppose violence.
Because this attack should not be taken as sign of a political movement or religious unrest. It is a senseless act of violence. And those who commited it are not representatives of anything but violence and hate.
Which grows everywhere.
And which should not be given the time of day, and which should never give reason for anyone to think.
A senseless act deserves no contemplation.

Halldór BaldurssonHalldór Baldursson

Caricaturiste pour Fréttablaðið 

Maintenant que les jours et bientôt les semaines sont passés depuis l’attaque de CH, je dois vivre avec cette première réaction de totale incrédulité et de profonde douleur qui s’est installée. Ce qui adviendra ensuite n’est pas encore clair. L’espoir est le premier sentiment qui me vient naturellement. Je m’y accroche.
Tout ira bien mais pour ce faire il faut passer par une désacralisation. Un dessin n’a pas tellement d’importance, quoi qu’il représente. C’est juste pour rire et si cela ne te plait pas, tu peux juste l’ignorer.
Dans le pire des cas j’aime la réaction d’un gars que je connais, un homme qui a de fortes convictions religieuses. Il se contenterait de dire : « comme c’est triste que vous alliez en enfer ».
Je peux vivre avec ça.

~English version~

Now when days and soon weeks have passed since the attack on Charlie Hebdo, I find my first reaction of total disbelief and deepest grief has started to settle. What comes next is still not clear. Hope is the feeling that comes naturally to me. So I stick with it. It´s going to be alright but on that way we must go through a sort of a desacredization. A cartoon is not not that big of a deal, whatever goes on in that frame. Just a laugh about it or if you don´t like, ignore with a long face. In worst case I like the reaction of a guy I know, a man with strong religious convictions. He might just say; „what a sad thing you´re going to hell. “
I can live with that.

À propos de eric

Chroniqueur taquin en phase d'apprentissage.

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