« Paroles d’Islandaises » : Gudrun Hallgrimsdottir

Et si vous pouviez rendre le monde meilleur, que feriez-vous ? Changer le monde. Défi sacré et sacrée gageure relevés par ces femmes d’Islande qui ont accepté de nous dépeindre une société plus juste. Si, comme le suggère Aragon, « l’avenir de l’homme est la femme », alors il était urgent de solliciter l’énergie créative des islandaises et de leur donner la parole.

1er mai 1970. 13h30. Après s’être réunies à la Maison Nordique quelques jours plus tôt pour décider des actions à mener, elles se retrouvent dans le centre de Reykjavik. La radio Islandaise a relayé leur appel à manifester. Malgré les cris d’opprobre, les insultes, les déclarations indignées, elles défilent derrière les syndicats sur Laugavegur, en criant comme les hommes et en chantant, têtes hautes et banderoles assassines fièrement portées. Il faut imaginer ces quelques centaines de femmes plutôt jeunes, éduquées, descendant la longue rue commerçante par ce vendredi radieux et un peu frais.
Sur la Vénus en plâtre qu’elles arborent sur un chariot on peut lire :

un être humain, pas une marchandise !

Avortement, accès à la contraception, mais aussi égalité des salaires, durée de travail, répartition des tâches domestiques… Dans la droite ligne des mouvements éponymes lancés aux Etats-Unis, aux Pays-bas ou au Danemark, elles ont fondé les Chaussettes Rouges (Rauðsokkar), avec l’ambition d’obtenir l’égalité avec les hommes sur tous les grands sujets de société. Gudrun Hallgrimsdottir fut l’une de ces femmes. Voilà près d’un demi-siècle qu’elle se bat. On voudrait qu’elle y croit encore. En dépit des résultats qui tardent à voir le jour, en dépit des lâchetés masculines, des obstacles qui usent et paraissent la faire douter qu’un monde meilleur fut possible.

À propos de eric

Chroniqueur taquin en phase d'apprentissage.

Vous devriez lire

politique en islande

Politique islandaise : le calme après la tempête

Après deux mois de crises et de manifestations, voici que le calme revient : un …

4 comments

  1. lourghi radhwane

    je suis algerienne y j aime ce payé beaucoup j aime le neige que je fait pour visité islane o bien vivre la bas

  2. @ Roger & Bonjourpier
    Merci pour vos messages.
    Gudrun est une femme dont les convictions fortes n’en sont pas moins émoussées par les réticences rencontrées et la pauvreté des changements obtenus. Sa désespérance contenue et sa dignité sont émouvantes.

  3. C’est une femme de convictions qui nous donne une image « Polaroid » de la situation des femmes d’aujourd’hui.Pour arriver à l’équilibre entre les femmes et les hommes, il va falloir qu’il s’établisse un dialogue respectueux entre les deux et non se voir comme des adversaires. Une fois que l’égalité sera atteinte, il faut, après, garder en équilibre – l’être humain a tendance à suivre le mouvement du balancier soit de passer d’un extrême à l’autre sans jamais s’arrêter au milieu.

    Une excellente entrevue qui nous amène à réfléchir sur quel futur qu’on veut.

    Bravo

    PS Je vois dans cette interview des parallèles avec l’actualité au Québec où une femme vient d’être élue pour la première fois première ministre.

    Fantastique ce reportage l’Islandais

  4. Tres beau témoignage d’une militante avec un grand M ! Gudrun, du fond de son île en proie à la crise parle merveilleusement de l’avenir du monde lié à la condition des femmes du tier – monde. C’est ce qui s’appelle s’ouvrir au monde, c’ est émouvant. Un bel exemple d’altruisme.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Si vous n\'êtes pas un vilain Troll... * Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.