icelandic hunger game

Icelandic Hunger Games

Les braves petits ! Comme ils paraissent s’amuser ! En ce radieux samedi après-midi, je les aperçois sur la grande pelouse qui jouxte l’église Catholique de Landakot. Ils courent dans tous les sens en poussant des cris, se bousculent, font mine de se battre et se roulent sur le gazon verdoyant. Les charmants bambins que voilà ! Ils ont délaissé leurs PSP, iPod Touch et autre Nintendo DS pour retrouver les joies simples et vivifiantes d’ébats amicaux partagés au grand air.
Je m’approche de mon fils et de la dizaine de copains et de copines (surtout des copines !) qui l’entourent. Que font-ils ? Ils tournent un film. J’en ai la larme à l’oeil. Les braves petits ! A peine pubères et déjà solidaires dans l’exaltation de la création.
Hunger Games 2Munis d’un petit camescope, ils réalisent une bande-annonce sous la direction d’une grande brune très impliquée. Ils ont décidé de revisiter le « trailer » d’un long-métrage qui a engrangé plus de 630 millions de dollars de recettes mondiales depuis sa sortie en mars dernier, compte déjà plus de spectateurs que Twilight ou Star Wars 3 n’en ont obtenus et des millions d’aficionados sur Facebook.Hunger Games (c’est le long-métrage en question) est l’adaptation cinématographique d’une trilogie romanesque imaginée par la brillante Suzanne Collins, scénariste pour la télévision et auteure d’ouvrages pour bambins. L’histoire conte les aventures trépidantes de la jeune Katniss, contrainte de participer à une émission de télé-réalité organisée par le gouvernement autoritaire d’une Amérique post-apocalypse, au cours de laquelle la jeune fille devra, pour ne pas subir le même sort, trucider 23 autres adolescents pour se faire pardonner les velléités révolutionnaires de ses ancêtres. Grandiose.

J’ai lu qu’il fallait voir dans cette médiocre série B tantôt comme une satyre audacieuse et ô combien originale d’un monde télévisuel prêt à tout pour gagner sa course à l’audience, tantôt comme un « propos socio-politique intelligent et haletant » ou encore comme un « traitement ingénieux et sans mièvrerie de la violence ».
J’en suis encore pantois. A-t-on vu le même film ?Seule Koh-Lanta décryptée par Paris Hilton aurait pu surpasser l’attrait philosophique de la chose. Et encore… Hunger Games est un agrégat de banalités sur les gentils, les méchants, les forts et les faibles qui incline autant à la réflexion sur le monde qu’un pet d’esquimau contribue au réchauffement climatique.
Durant plus de 2 heures, c’est une succession de bons sentiments et de mauvaises actions portée par une mise en scène digne d’un épisode de Winnie l’ourson revu par Afida Turner qui nous est offerte. N’en déplaise à Florence Colombani, qui a cru quant à elle percevoir dans cette insipide bouillasse un mélange « virtuose » de « vision orwellienne de l’avenir de l’humanité » et « une critique acerbe de la société contemporaine du spectacle », Hunger Games, c’est long, c’est nauséabond, c’est con.

Las, mon point de vue quelque peu tranché n’a eu strictement aucun impact sur celui de mon fils. J’en conclus qu’il partageait l’avis extatique de la journaliste du Point quant à « l’étonnante profondeur émotionnelle » et « l’univers visuel convaincant » de ce « film culte ». Ce qui me rassure, c’est que Pablo et ses partenaires n’ont eux que 12 ans de moyenne d’âge.

En avant-première et en exclusivité mondiale, voici la courte bande-annonce de la bande-annonce de la joyeuse troupe.

À propos de eric

Chroniqueur taquin en phase d'apprentissage.

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13 comments

  1. c’est vrai Roger, mais souvent aussi femme varie 🙂

  2. Oui… Lislandais et sans doute même avant, c’est ma femme qui voudrait bien s’installer en Islande, et ce que femme veut…

  3. Merci pour la suggestion éditoriale Roger 🙂
    Envisagerais-tu une future retraite sur l’île aux volcans ?
    Je ne te promets rien mais j’y songerai.

  4. …payées par les producteurs ? ça je ne sais pas Malyss 🙂 Ce qui me surprend ce n’est pas que ce film soit ou non dépourvu de « morale » ou de « valeur » (après tout un film n’a pas nécessairement vocation à véhiculer un message éducatif), c’est plutôt que des journalistes aient pu percevoir une quelconque critique de la société, des médias, du secteur de « l’entertainment », dans celui-ci. Mais peut-être faut-il voir aussi une critique sévère et pertinente de la guerre et de ses excès dans Rambo 3.

  5. Bref, l’ Islande est un pays jeune et dynamique, et c’est très bien de parler de la jeunesse Islandaise, mais qu’en est il des personnes âgées ? Je me pose souvent cette question, fait il bon vivre son troisième voire quatrième âge en Islande ? Je pense qu’ il serait interessant de traiter un jour ce sujet dans ton blog. En effet, l’image qu’on a en général de l’ Islande est celle d’un pays jeune tant géologiquement que par sa population… Mais tous ces jeunes ont bien des parents non ? des grand Parents ? alors que deviennent t ils tous ces petits vieux au pays de la glace et du feu….

  6. PS : En tous cas, la bande annonce est top! :o)

  7. Je me demande souvent si les critiques ne sont pas directement payés par les producteurs pour emettre des avis élogieux sur des films qui ne les meritent absolument pas. Ou alors, ils vivent dans des bulles, sans enfants, sans education à donner , at sans aucune morale ?.. L’idée qu’il faut tuer tous les autres pour s’en sortir semble à la mode , mais ça véhicule quel genre de valeur?..

  8. l’infanticide est une solution encore trop douce pour ces enfants-là 🙂

  9. je suis personnellement pour un enfanticide massif…. la tranche entre 16 et 20 ans.. ca nous fera des vacances !

  10. Merci Nath 🙂
    Vivre en Islande adorerait se lancer dans le cinéma !

    Normal que vos enfants aient échappé au film; le coeur de cible ne doit pas dépasser les 14-15 ans.
    Quant à l’alternative aux consoles, je reste partagé : vaut-il mieux la destruction de petits bonshommes verts sur écran cristaux-liquide ou la reproduction filmée d’infanticides massifs ? 🙂

  11. Excellente bande annonce, quel rythme, quelle ambiance ! Vivre en Islande peut se lancer dans le cinéma !

    Quant à Hunger Games, je ne ferai aucun commentaire, je n’en avais jamais entendu parler. Mes enfants sont dans la tranche d’âge 18-24 ans et semblent avoir échappé au navet en question. Lucky me.

    En attendant, tout ce qui sort nos enfants de leurs consoles et autres écrans est une bonne chose.

  12. Pas vu Battle Royale ! Mais la bande-annonce et les quelques extraits visionnés à l’instant ne m’ont pas vraiment convaincu. Malgré la présence de Takeshi. En revanche, là au moins, le message politico-philosophique est clair : pas de message !

  13. Avec quasiment le même scénario, vous pouvez toujours tenter le visionnage du nippon « Battle Royale », si ce n’est déjà fait.
    Il n’est pas exclu que vous préfériez ce dernier, sauf à avoir une aversion pour les mises en scène clippées et la présence parfois un peu appuyée d’hémoglobine.
    En tout cas, pas d’ambivalence ici : le parti pris est total et la critique sociale passe beaucoup mieux qu’avec la moulinette holywoodienne. Et avec Takeshi Kitano en prime, la cerise sur le gâteau.

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