L’essentiel…

Week-end du 21 août dernier.
Journée de bruits et de bonheurs.
Le centre de Reykjavik s’est débarrassé de ses automobiles. Ceinturée de part et d’autre, une partie de la ville est livrée aux formes rouges qui disputent les différents parcours du Marathon 2010 de la capitale nordique. L’une des mes filles, qui a choisi le « Fun run » de 3km, participe elle aussi.
Hommes, femmes et enfants. Islandais et étrangers. Sportifs accomplis et coureurs amateurs. En solitaire, entre amis ou en famille. A pieds, en fauteuil roulant ou en poussette. En marchant ou en courant. Compétition hétéroclite que cette compétition-ci. Certains discutent, tels les invités uniformes d’une réception mondaine à ciel ouvert; tandis que d’autres, motivés et concentrés, cardio-podo-chronomètre au poignet et casquette publicitaire rivée sur le crâne, s’activent en longues foulées régulières, portés par les images d’un Haile Gebreselassie battant le record du monde de la discipline.
Journée sportive, esprit de fête. Bric-à-brac de stands culinaires, de concerts improvisés et de braderies éphémères. Les clameurs de la foule se mêlent aux annonces éraillées qui s’échappent des haut-parleurs. Le moment n’est pas à la méditation transcendantale. Ni davantage à la grande gastronomie. Mais qu’importe. L’essentiel est ailleurs, non ?
Peut-être dans ces maisons qui, comme le veut la tradition, ont ouvert leurs portes aux passants. Pour un café, une gaufre ou un moment de repos, certains habitants accueillent ceux qui le souhaitent. Dans l’une d’elles, une succession ininterrompue d’inconnus montent et descendent l’escalier raide et étroit, se croisent dans la cuisine, le salon et la salle à manger. Certains échangent quelques mots, d’autres font la queue pour une part de gâteau fait maison ou s’installent dans le canapé avec l’un des hôtes présents. Il règne une ambiance chaleureuse dans le petit espace. La notion d’hospitalité prend ici un sens à la fois insolite et inattendu.
Et puis, il y a les enfants. Ils sont partout dans les rues. Totalement libres d’aller et de venir à leur guise, ils se sont appropriés la cité, devenue gigantesque terrain de jeu. Reykjavik n’est pas Paris. L’apparition de Jón Gnarr, l’acteur-clown-musicien-politicien et nouveau Maire rebelle de la capitale Islandaise, me le confirme. Pistolet de départ de course à la ceinture, l’homme n’hésite pas à poser sans complexe et avec bonne humeur pour les admirateurs  autochtones qui le lui demandent. Il n’y a ni gardes du corps, ni policiers. Jón, il est vrai, n’est pas non plus Nicolas.
Belle journée que ce cette journée-là.
Ma fille n’a pas gagné sa course.
Mais l’essentiel, une fois encore, était ailleurs.

À propos de eric

Chroniqueur taquin en phase d'apprentissage.

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7 comments

  1. j’ai aussi couru en short au beau milieu de la ville avec un numéro sur le ventre…. C’était juste pas tout à fait le même décor !

    les évènements sportifs « ouverts à tous » sont toujours bon enfant….
    (d’ailleurs, chose improbable, les 4-6 ans ont couru eux aussi !)

    Margoton

  2. C’est toujours ça de pris.

  3. 5 posts en deux mois Eddy ! Ce fut en effet un été « détente ».

  4. ça donne en vie de participer à cette fête ! et un super soleil en prime 😉

  5. Merci l’islandais pour tous les rendez-vous « détente » que vous nous avez proposés au cours de l’été !

  6. Intéressant !

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