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Les voeux de Thorvaldur Gylfason

Thorvaldur Gylfason est professeur d’économie à l’Université d’Islande. Mais réduire ce sexagénaire volubile et infatigable à son statut d’enseignant serait sacrilège. D’ailleurs, sur un site web au paroxysme de la modernité, l’homme aime à se présenter dans toute sa diversité. On y trouve pêle-mêle : curriculum vitae (un court, un long), impressionnante bibliographie, articles de presse, interviews, photos des toiles de Maîtres qu’il affectionne, extraits musicaux des artistes qui ont sa préférence…
S’il a indéniablement des choses à dire, ce n’est toutefois pas pour son analyse de la peinture Flamande du XVIe siècle ou pour sa critique du dernier concert de Björk que Thorvaldur s’est fait connaître de ses compatriotes et qu’il est régulièrement sollicité par la presse anglo-saxonne.
Les relations entre Stagflation et dévaluation monétaire, le management des pêcheries islandaises ou la croissance de l’Inde et de la Chine seraient davantage dans ses cordes. Voilà plus de trente ans que cet ancien économiste du FMI et ex-consultant pour la Banque Centrale d’Islande joue un rôle important dans ses domaines de prédilection : la recherche, l’économie de marché et la finance. Des thèmes qu’il maîtrise au point d’avoir trôné quelques années à la Présidence du Conseil d’administration de la défunte Kaupthing. Au milieu des années 80, c’est lui qui pilota la transformation progressive de la petite agence de conseil financier en société d’investissements bourlingueuse.
Mais c’est peut-être à partir de 2008, lors de la débâcle de l’île, puis à la suite des scabreuses révélations contenues dans le rapport de la SIC, qu’il fit la démonstration de ses talents politiques.
Croisement génétique de Jacques Delors et d’Alain Duhamel, je suppute que les combats idéologiques de Thorvaldur Gylfason trouveraient un écho favorable chez Arnaud Montebourg et François Bayrou. Le premier en raison de son opiniâtreté pro-révision constitutionnelle, le second pour sa propension quasi obsessionnelle à fustiger les indélicatesses coupables de certains dirigeants et à prôner la morale en politique. On ne peut guère l’en blâmer.
Le membre de l’Assemblée constituante* Islandaise demeure en revanche moins prolixe lorsqu’il s’agit d’évoquer ses prétentions ou ses attentes personnelles. Qu’est-ce qui peut bien faire courir Thorvaldur Gylfason ? La présidence de la république ? Lorsque je lui pose la question, il écarte l’hypothèse d’une moue désintéressée. A l’écouter, celui qui n’hésite pas à qualifier « d’incompétente » la classe politique de son pays, ne vibrerait que pour le rétablissement de l’Islande et la condamnation des responsables du désastre.
La preuve en images.
* Devenue Conseil Constitutionnel en février 2011 suite à l’annulation de l’élection par la Cour Suprême.

À propos de eric

Chroniqueur taquin en phase d'apprentissage.

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4 comments

  1. C’est vrai Olöf !
    Je crois que l’ambassadrice d’Islande en France doit évoquer le sujet le 22 janvier prochain.
    Tu pourras assister à la réunion si tu le souhaites.

  2. Intéressant de revoir les voeux de Þorvaldur un an après… on n’a pas beaucoup avancé, un tout petit peu quand même!

  3. A coup sur, il est tres optimiste.. Voir les responsables de la crise jugés, on en rêve tous. Esperons que ses souhaits se realisent, pour l’Islande comme pour le reste du monde.

  4. On ne peut que s’associer à ses voeux !

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