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L’Islande vu par… Roger, qui n’y vit pas.

Vacances : soupape essentielle, indispensable, permettant de rompre avec le quotidien pour une période ridiculement courte… (extrait de mon dictionnaire personnel).

Depuis que nous nous connaissons, Lorraine et moi, nous avons fait de l’Italie notre principale destination de vacances. Amoureux des vieilles pierres et de la bonne gastronomie, nous avons visité (par ordre chronologique), l’Ombrie, la Toscane, la Campanie (Naples), la Calabre, et enfin, au bout du bout, la Sicile. Bref, une fuite éperdue toujours plus au sud. Au cours de tous ces voyages, Lorraine, grande lectrice devant l’éternel, découvre de nouveaux livres. La femme en vert, la cité des jarres, l’homme du lac…. De nouveaux auteurs. Indridason, Thorarinsson, Stephansson, et quelques « …dottir » aussi.

Puis un jour, en parlant des prochaines vacances, Lorraine glisse négligemment un

« tu peux regarder pour un éventuel voyage en islande ? »

Je l’ai regardée d’un air étonné. « Tu sais que ça caille en Islande… ». Lorraine est frileuse. « Oui bien sûr, mais regarde quand même, ça coûte rien de se renseigner ». Effectivement, tant qu’on en reste au niveau des renseignements, l’Islande, c’est complètement gratuit. C’est donc ainsi, qu’après avoir tapé bêtement « Islande » sur Google, je découvre Reykjavik, Keflavik, et même Kirkjubaerjarklaustur, que j’écris maintenant sans même en vérifier l’orthographe. Ma toute première impression est qu’au moins là bas, ils ont des noms de villes rigolos… Et puis je cherche encore, histoire d’approfondir un peu, jusqu’à ce que je tombe sur un hallucinant « Roadtrip » réalisé par un jeune couple. Lui est photographe, et elle est très jolie. Ils feront le tour de l’Islande en 23 jours à un rythme insoutenable, et il faut bien le dire, sous un temps de m….

C’est là que tout a commencé vraiment. Des heures à suivre leur voyage, à travers les magnifiques photos de Michael Levy. Quelques semaines plus tard, (Avril 2011), après avoir dévalisé le Décathlon du coin, lestés de nos deux valises de 20 kilos, nous partons pour l’île de feu et de glace. Neuf jours pour découvrir la capitale, le cercle d’or, la péninsule de Reykjanes, et toutes les chutes visibles sur la route circulaire jusqu’à Vik… les classiques quoi ! Addiction fulgurante, dès notre retour, le manque était déjà là, insidieux et tenace. Apparaissent les premiers signes cliniques : je me surprends à regarder régulièrement le ciel, et quand celui – ci se remplit de gros nuages noirs, j’en ressens une jouissance profonde. Désormais j’aime la pluie et plus le vent souffle fort, plus je suis content. Et quand enfin tombe la neige… je te raconte pas !

Août 2012, nouveau départ. Une semaine dans un chalet de la Thorsardalur, Gros 4×4, Landmmanalaugar, F208, F35, Hveravellir…. le grand jeu quoi ! A présent, l’addiction est totale. J’ai quitté  mon uniforme de la Poste (oui je suis postier), et je fais ma tournée avec ma polaire North Face et mes chaussures de randonnée, celles là même qui ont foulées le Landmmanalaugar. Notre profil Facebook est rempli à 80 % de magnifiques photos d’Islande, et de temps en temps, le week end, je fais des Kjotsuppa. J’envisage prochainement de préparer un Plopfiskkur. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de l’ampleur du désastre. Une seule chose me rassure, je ne suis pas le seul à être dans cet état de dépendance, j’ai parmi mes amis Facebook une grande majorité de frapadingues du même acabit. Je me rends bien compte aujourd’hui qu’une vie ne suffirait pas à voir tout ce qu’il y a à voir dans ce merveilleux pays.

Ce n’est pourtant pas ce qui me manque le plus. J’ai maintenant la désagréable sensation d’être passé à côté de quelque chose d’essentiel : les Islandais ! Certes, nous en avons croisés quelques–uns, mais avec le recul, je me rends compte qu’au moins 80 % des gens que nous avons vu à Reykjavik étaient certainement des touristes, puisque, tout comme nous, ils portaient des chaussures de randonnée Quechua pour arpenter Laugavegur. C’est pourtant à Reykjavik que s’est cristallisé cet amour pour l’Islande. Loin de tous ces paysages de rêve, nous y avons trouvé une formidable sensation de paix, de calme et de fraîcheur (dans tous les sens du mot). De la gentillesse, des sourires, toutes ces choses si importantes, et qui nous manquent peut-être le plus.

Alors c’est décidé, à notre prochain voyage, nous partirons à la découverte des Islandais. Sans 4×4, sans chaussures de randonnée, mais quand même avec un bonnet.

Roger de Mulhouse (Alsace)

L'Islande vu par vous ?

L'Islande vu par vous ?

Vous non plus n’y vivez pas ou plus ? Qu’importe ! L’île, vous l’avez découverte en quelques jours ou en quelques semaines. Elle vous a touché, énervé, changé, émue, contrarié… Contez-nous votre séjour en terre d’Islande. Envoyez à vivre@viveenislande.fr ces mots doux, durs, drôles, désabusés qui ne demandent qu’à jaillir tel un geyser d’émotions dantesques. Nous publierons l’un de vos textes chaque semaine. Joignez 1 ou 2 photos de vous prises en Islande (poids > 200ko) et précisez-nous votre ville de résidence.

À propos de Vivre en Islande

L'Islande, par ceux qui y vivent, pour ceux qui en rêvent !

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7 comments

  1. « le manque était déjà là, insidieux et tenace »…Je suis rentrée depuis 3 mois et j’y pense tous les jours, je rêve d’une ligne directe entre Marseille et Reykjavik, je regarde le temps sur les webcam, je regarde avec nostalgie mon bonnet 66 et me demande quand je retournerais à la piscine, j’aimerais également rencontrer les islandais « en vrai »… Merci pour ce joli article qui illustre si bien le coup de foudre islandais!

  2. Ton témoignage me rappelle ce que j’ai ressenti au retour de mon voyage. Je pense y retourner l’hiver prochain. Comme le dit Eric, c’est une bonne addiction 🙂

  3. Merci Nathalie ! Il y a tant d’Islandes, c’est vrai. Celle des touristes fortunés, des touristes qui le sont nettement moins. L’Islande de l’hiver, celle de l’été. L’Islande ce ceux qui y vivent (qui la vivent) et celle de ceux qui ne font qu’y passer. L’Islande du Nord, celle du sud. L’Islande des paysages, et celle des Islandais. L’Islande des photographes et celle des loueurs de voitures…. On pourrait continuer longtemps comme ça. Mon Islande à moi (à nous) est devenue une évidence vers laquelle on tend, prudemment.

  4. Nathalie Scheffer

    C’est vrai …les paysages sont magnifiques….Roger ,comme le titre le dit ci- bien tu n’y vit pas…Nous , nous sommes en Islande pour 1 ans…en tant qu’expatrier pour le travail…..nous avons choisis de vivre cette expérience.Cela étant dit….de visiter l’Islande et d’y demeurer ..il y a un monde…les hauts et les bas s’installent cela va de soi…..Au début ..on voit la vie en rose ..mais par la suite …le quotidien s’installe…les défis nous tapent dans la figure.( Grisaille et vents +++ durant l’hiver ).Nous sommes du Québec …nous adorons l’hiver blanc et cela nous a manqués énormément …( dans le sud de l’Islande bien sûr!!).La famille ..nous a manqués également….les gens sont sympathiques pour ce qui attrait au tourisme….mais par contre pour rentrer dans la gang Islandaise…cela n’est pas facile….J ‘ai appris l’Islandais de base …et je fonce …Ce qui à retenir …il faut aller vers les gens car eux n’iront pas faire les premiers pas .( en général !! ..).Ils sont très introvertis ….pour ne pas dire un petit peu style Ermite.Une expérience qui nous fait grandir….. et met en perpective notre capacité d’adaptation (Nos limites…quoi !!) .Allez Hop !! Vivons pleinement la grande aventure qui est la vie sur cette belle planète ..

  5. Fern Nevjinsky

    « Addiction fulgurante, dès notre retour, le manque était déjà là, insidieux et tenace.  » Oui, cela ne pardonne pas. Et si l’injection de rappel est positive, lá, on est fichu.
    A cause de ce sentiment que j’ai ressenti lors de mon premier voyage, le guide m’a dit . alors, tu aimeras toujours l’Islande. En rentrant, vite, où pouvais-je apprendre un peu d’islandais ? (Kirkjubæjarklaustur avait été notre Eyjafjallajökull !).

    Et maintenant, j’y vis depuis presque 7 ans, je vais prendre la nationalité islandaise, car effectivement, je l’aime toujours.

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