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Islande / UE : désinformation et intox ?

Un sujet brûlant d’actualité en Islande : l’Union Européenne. A en croire divers articles et blogs islandais, celle-ci serait la mère de tous les maux. Selon le gouvernement fraîchement élu,

les Islandais ne voudraient pas devenir les larbins d’ennuyeux bureaucrates à Bruxelles.

Cette redoutable institution aurait notamment mis la Grèce et l’Espagne sur la paille. En effet, dans les médias, l’UE est toujours associée à la catastrophe économique et culturelle.  Un des arguments mis en avant tient au fait que la nation de 320.000 âmes, avec sa petite langue, disparaîtrait bien vite dans l’océan continental. Une dame islandaise m’a montré récemment le dessin qu’en a fait un enfant d’une dizaine d’années, représentant un mignon petit pluvier -l’Islande- effarouché par l’ombre de l’UE, colossal vautour dont le bec monstrueux et grand ouvert s’apprête à happer sa proie.

Suite aux discussions avec la Commission relative à l’hypothèse de l’adhésion, il avait bien été question d’un référendum. Tantôt il s’agissait de le tenir une fois les négociations achevées, tantôt on prétendait avoir besoin d’un référendum pour continuer les négociations en question. Curieusement, le passage aux oubliettes de ce référendum a coïncidé avec l’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement, conforté par l’abandon -que dis-je- la décapitation sans autre forme de procès du projet de nouvelle constitution, qui aurait épargné bien des malheurs à la démocratie et à l’écologie du pays. En effet, celle-ci prévoyait que toute décision majeure passe par un référendum. Depuis la déclaration de la République, il n’y a pas eu de référendum, à part les pseudo-référendums sur la question Icesave, puis celui sur la Constitution : ses résultats n’ont eu aucun effet, les hommes politiques étant passés outre. Avec l’enterrement de la nouvelle constitution, le champ peut rester libre pour négocier le développement de nouvelles centrales électriques et autres horreurs vouées à l’échec.

Il y a quelques mois, une véritable épidémie d’articles rédigés en français ou en anglais, au ton enjoué, voire exultant, prospérait sur les branches touffues d’Internet; ces articles louaient la sagesse et le courage sans pareil des intrépides insulaires Islandais qui s’étaient joués de la crise en votant « non » à une monstrueuse dette nommée Icesave.
Ces chroniques ont produit chez certains un urticaire persistant, tant leur sujet était loin de la réalité. Or, on ne voit plus tellement ce genre de déclarations perfides et insidieuses. La réalité, c’est que la couronne a un cours réglé au jour le jour, et que les devises étrangères ne sont pas accessibles par n’importe qui. Le pouvoir d’achat ? Il est en chute libre chez le commun des contribuables, et les hôpitaux, tout comme le système scolaire vont très mal. Une adhésion à l’UE permettrait de passer à l’euro, par exemple. Pas un mot de tout cela.

Par contre, cet article-ci a attiré mon attention. On y parle de l’Islande renonçant à l’UE, sous prétexte qu’il y aurait un désaccord sur la pêche. Il est vrai qu’il y a eu des disputes au sujet des bancs de maquereaux qui nagent sans vergogne vers l’intérieur de l’espace Schengen par n’importe quel côté; les Islandais, qui auparavant rejetaient ce poisson, en ont bien profité.

Mais est-ce bien le poisson qui empêche l’adhésion islandaise ? La dette Icesave reste à payer, les taux négociés et soumis au référendum ont été refusés, et les intérêts deviennent de plus en plus lourds à porter pour cette petite économie en convalescence. En effet, l’état islandais s’était porté garant pour les banques islandaises, et les contribuables islandais n’y échapperont pas. Les Hollandais et les Britanniques ont été les victimes de la banque en ligne, et il aurait peut-être été sage d’aménager un créneau de négociation avec ces états par le biais de l’UE.  En attendant, les salariés islandais redoutent une nouvelle chute des banques, et les autorités négocient des accords bilatéraux avec la Chine. La Chine, c’est le pays qui a envahi le Tibet et se tourne maintenant vers d’autres pays.

Il est vraiment difficile de suivre la marche de l’histoire en ce qui concerne notre île.  Entre les bancs de maquereaux, la menace de la bureaucratie galopante et les géants de l’alu avides d’électricité bon marché, on ne sait plus où donner de la tête. Il règne un flou absolu sur la scène politique. Les ministres fraîchement élus changent de discours du jour au lendemain et évoquent le malentendu systématique, l’incompréhension des médias etc… Les Islandais n’y croient plus. Aucune des promesses mirobolantes évoquées lors de la campagne électorale ne sera tenue.  Même le Parlement, cette vénérable institution fondée en 930, ne jouit plus de la crédibilité de naguère.

À propos de Olof

BZH ~ IS

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