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Aéroport de Reykjavik : restera ou restera pas ?

En l’espace d’à peine plus de deux semaines, une pétition demandant le maintien de l’aéroport domestique de Reykjavik en son emplacement actuel a recueilli plus de 60 000 signatures. L’ampleur de la réaction a surpris tout le monde et le débat s’est installé sur tous les médias sociaux, aux infos en prime time, dans les débats radiodiffusés, dans les fameux (pour leur niveau de responsabilité peu élevé) commentaires du site du journal DV – sans parler des hots pots des piscines de la capitale.

De quoi s’agit-il ? L’aéroport des lignes domestiques islandaises se trouve depuis ses origines en plein centre ville, dans le prolongement du lac où les familles vont donner à manger aux canards les dimanches matins, et à proximité de l’Université. Les avions de ligne -essentiellement des Fokker mais parfois aussi des jets privés- atterrissent sous les fenêtres des habitants des maisons de charme du bord du lac. Les habitants de Reykjavik se partagent en deux camps : il y a ceux qui veulent voir l’aéroport disparaître pour beaucoup de raisons (plus ou moins bien argumentées, mais en premier lieu pour des questions de sécurité et de pollution sonore); ceux-là préféreraient utiliser le terrain pour densifier le tissu urbain. Et puis il y a ceux qui estiment que l’aéroport doit rester dans la mesure où aucune solution de rechange ne se dessine, qu’il s’agisse de Hólmsheiði à 20 minutes du centre (et de l’hôpital, des administrations…) ou de Keflavik, qui rendrait les lignes intérieures caduques.

aeroport reykjavikCes dernières semaines, le débat reflète l’opposition habituelle entre les habitants de la capitale et ceux du reste du pays. Bien qu’elle concerne la capitale Islandaise, la fameuse pétition a d’ailleurs été lancée par un habitant d’Akureyri, qui plus est pilote d’avion. Son succès dépasse largement ses premiers objectifs et il s’agit aujourd’hui de la plus importante pétition jamais organisée en Islande, dépassant celle initiée pour refuser le fameux accord sur Icesave.

Mais le clivage est complexe, voire révèle une certaine hypocrisie de part et d’autre.

Comme le note un blogueur réputé, il n’est pas certain que ceux qui considèrent la question du maintien de l’aéroport au centre ville comme étant de la compétence unique de la ville de Reykjavik se soient autant mobilisés pour défendre la compétence des autorités municipales concernées par les barrages décidés ces dernières années à ce niveau administratif. Sous entendu : sur les dossiers hors Reykjavik les environnementalistes n’appliquent pas une logique sans faille. A l’inverse, les défenseurs des barrages (comme Kárahnjúkar) qui dénonçaient l’irresponsabilité des opposants à ces barrages (en les qualifiants de « buveurs urbains de café latte ») car supposés créer des emplois hors Reykjavik, n’utilisent plus les mêmes arguments quand il s’agit de bouger l’aéroport… Sous entendu : ce qui est bon chez nous ne s’applique pas chez toi.

En réalité, les politiques, en particulier le conseil municipal de Reykjavik, qui semblaient en majorité être partisans du déménagement de l’aéroport (sans proposer de solution définitive quant à un nouvel emplacement), se trouvent un peu pris de court. Les voilà coincés entre une prise de position fort claire de leurs concitoyens et leurs intérêts financiers, lesquels reposent sur la vente à très bon prix des terrains concernés pour la construction de logements haut de gamme.

aeroport reykjavikAlors la question de l’aéroport de Reykjavik est-elle d’intérêt national et dans ce cas qui prendra la décision définitive ? Quels sont les critères à prendre en compte pour décider du sort de l’aéroport ? Sécurité (les avions peuvent-ils survoler la ville sans danger ?) ? Urgences médicales (l’aéroport étant à moins de 5 minutes de l’hôpital national) ? De sévères coupes dans les budgets des installations médicales hors Reykjavik y incitent. Quel rôle jouera l’intérêt financier de l’opération, et qui en sera le bénéficiaire ? Autant de questions auxquelles politiciens municipaux et nationaux, ainsi que citoyens, devront répondre dans un climat de dialogue avant qu’une quelconque décision ne soit prise…

À propos de Dominique

Slow foodienne à 100%.

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un commentaire

  1. S’ils souhaitent vraiment le déplacer pour bâtir quelque chose, qu’ils se mettent à construire un peu plus de logements étudiants. Les bourgeois ont déjà de quoi se loger dans les beaux quartiers de la capitale.

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