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Vous avez dit développement durable en Islande ?

« Développement durable » ?

Je suis assez tenté de dire que le concept n‘est pas le même selon que l’on s’exprime en anglais ou en français (ou encore en islandais). Le développement durable inclut la notion de développement sur un long terme, donc de croissance, tandis qu’en anglais ou en islandais on parle de « sustainability » ou de « sjálfbærni », des termes basés sur le concept de « soutien » voire de soutènement relativement statique. A vrai dire, l’approche « développement durable » est largement différente de l’approche « sjálfbærni » (« se supporte soi même »). Quelle est  la définition de « sjálfbærni » ? Remettre dans le cours de la nature, sous forme de cycle fermé, ce que l’on y a pris. Autrement dit : ne pas prendre plus que ce qu’on peut rendre. Tout est question d‘équilibre.
Que ce soit en français, en anglais ou en islandais (et bien évidemment dans d‘autres langues !) le terme est désormais galvaudé. On parle de durabilité dans les pêcheries industrielles, on parle de développement durable dans l’agriculture industrielle, on parle de développement durable dès que la moindre activité humaine endosse avec une assurance hypocrite la posture d’un profond respect pour l’environnement. Dans tous les cas on fait fausse route.

Résultat : si tout le monde vivait avec un niveau de vie équivalent à celui d’un islandais, nous aurions besoin de près de 3 planètes terre pour nous sustenter…

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Alors, existe-t-il des exemples réels d’activités « sustainable » en Islande ? Comme chaque été, j’ai fait le tour du pays en automobile (pas très « sustainable » me direz-vous… mais au moins j‘ai pris des autostoppeurs !) et me suis arrêté chez des amis qui m’ont donné de quoi réfléchir. Avec une industrialisation relativement faible, une densité de population le permettant, des ressources naturelles suffisantes pour nourrir sa population (bien qu’il faille encore importer les fruits… qui ne sont pas produits sur place), et un élevage extensif qui ne devrait pas avoir besoin d’intrants pour amender les sols, si un pays avait la capacité d’être « sustainable », ce serait bien l’Islande. Avec un grain de chauvinisme, parfois un grain de bonne taille, la production locale serait à la mode, en dépit des tenants et des aboutissants de cette production locale et à défaut d’examiner son potentiel de « sustainability ». Mais j’ai bel et bien rencontré des producteurs qui mériteraient le « label sustainable » si un comité non commercial se penchait un jour sur la question, ce qui n’est à priori pas près d’arriver de si tôt.

J’ai rencontré un fermier bio dans l’est du pays, à Vallanes, qui a planté des haies d’arbres (et en Islande cela peut tenir de l’exploit…) pour améliorer naturellement le climat autour de son maraîchage et de ses céréales, orge et blé. Il nourrit les volontaires venus travailler sur ses terres grâce aux produits de la ferme, se fournissant peu au supermarché de la ville voisine. Son compost est bien alimenté. Les emballages pour les produits envoyés sur le marché sont recyclables. Sur son bilan énergie, le tracteur et le chauffage de la maison sont presque les seuls postes déficitaires.

J’ai rencontré un producteur de sel dans les fjords de l’Ouest qui exploite l’eau de mer (pas d’originalité). Mais comme le soleil a tendance à ne pas chauffer assez, il utilise les sources naturelles d’eau chaude sur le rivage pour faire évaporer l’eau. Cette eau retombera sous forme de pluie, mais cela ne fera pas une grande différence ! Bilan énergie en équilibre, « sjálfbærni » ou « sustainability » maximale.

J’ai rencontré un couple de fermiers, éleveurs bio, qui fonctionne en cycle presque fermé, à Ytri-Fagradalur dans l’Ouest. Ses moutons se nourrissent d’Angélique sur les îles qui font face à la ferme. Les algues sont utilisées aussi, et séchées, les abeilles sont chargées de polliniser les cultures, les brebis sont traites (exeptionnel aujourd‘hui…) et le lait transformé en fromage ou, qui sait, en skyr. L‘eau chaude après usage domestique alimente un bassin artificiel où sont élevées des truites pour les besoins de la maison – et bien sûr le compost et le rcyclage sont à la base des activités. Ces trois exemples nous feront réfléchir : les produits sont plus chers, mais en rapport parfait avec leur coût de production. Et le développement durable est d‘abord durable.

Petite pensée durable : une alimentation à bas prix est une illusion qui coûte cher…

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À propos de Dominique

Slow foodienne à 100%.

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2 comments

  1. Hallo!! 🙂
    Je suis français et j’habite à paris, j’ai 14 ans et je suis fan de l’Islande… 🙂
    J’aimerais savoir comment les islandais étaient (en caractère) :
    Sont ils ouvert?
    Sont ils pessimistes?
    Quels sont leurs gouts musicaux? …
    Merci d’avance 🙂

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