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Paris of the North : pari raté ?

 

Hugi, 31 ans, est remplaçant dans l’école d’un petit village islandais perdu au milieu de nulle part. Il assiste régulièrement à des réunions des Alcooliques Anonymes, apprend le portugais par internet et s’accommode d’une vie amoureuse plutôt terne. Son père Veigar, un aventurier de retour de Thaïlande, va venir bousculer une vie un peu trop tranquille.

 

Tout est dit. Il ne se passe désespérément rien de plus dans Paris of the north que ce qui est décrit dans ce picth. Et la bousculade promise est plutôt mollassonne. Au moins Hafsteinn Gunnar Sigurðsson ne nous ment-il pas sur ses ambitions : son film montre très exactement ce qu’il prétend montrer. Des réunions d’alcooliques, Hugi apprenant le portugais devant son ordinateur, et une vie amoureuse plus proche du néant que de la morosité. Je pourrais ajouter les séances de footing, prétexte à présenter l’environnement rural désespérant du héros. Dans Paris of the north les plans se succèdent en déclinaisons des mêmes manifestations neurasthéniques. Dans Paris of the north même le chien est maniaco-dépressif. Ce long-métrage tient plus du documentaire ethno-sociologique que de la fiction. Car serait-il si surprenant que l’existence morne d’Hugi et de ses congénères soit si différente de la réalité vécue par les habitants de ce bled paumé des Fjords de l’ouest, au demeurant magnifiques ?

Paris of the North

Cette comédie-dramatique est aux antipodes des errements éthyliques de Jack Lemmon dans le « Jour du vin et des roses » (Black Edwards) ou de la puissance de la « Promesse » (frères Dardenne). D’ailleurs la dimension comique est-elle perceptible ? Hormis la scène montrant le père d’Hugi coincé avec un élastique sur son sexe, laquelle incline autant à l’hilarité qu’une émission de Cyril Hanouna s’apparente à un programme culturel, on peine à sourire durant les 95 minutes que dure le film. De mon modeste point de vue, il manque à ce second film d’Hafsteinn Gunnar Sigurðsson les rebondissements et l’humour décalée de « Back Soon« , la poésie de « Lulu femme nue » ou les scènes déjantées de « Des Chevaux et des hommes« .

Paris of the North

Il ne suffit pas de surfer sur l’engouement frénétique et la curiosité que suscite l’Islande pour faire un bon film sur l’alcoolisme ou la complexité des relations père/fils. Il faut davantage «qu’un lieu infiniment particulier» pour aborder avec originalité, force, émotion… «l’universalité de l’histoire». Contrairement à ce que prétend le réalisateur, Paris of the north tient plus de la posture que de «l’exploration des distances qui s’installent dans les relations humaines».

En revanche : 10/10 à G. Magni Ágústsson pour les images.

paris of the northParis of the north sera en salle à partir du 25 mars 2015.

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Chroniqueur taquin en phase d'apprentissage.

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2 comments

  1. Ólöf Pétursdóttir

    J’ai beaucoup aimé ce film, le meilleur film islandais que j’ai vu depuis fort longtemps.
    Pour moi, ce n’est certes pas un film sur l’alcoolisme, ni sur les relations familiales.
    Des acteurs impeccables, un paysage sublime dont on joue avec modération, un script soigné.
    Chapeau bas.

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