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Sparrows : second film de Runar Runarsson

sparrows afficheSparrows est un film sombre. Au moins aussi sombre que les nuits d’été islandaises sont claires. Ce pourrait être d’ailleurs le fil rouge du film : cette clarté sans fin, cette absence totale de nuit qui renforce cette tension latente qui progresse par à-coups, jusqu’à devenir apothéose dans la désespérance.

Runar Runarsson préserve le spectateur de cette noirceur durant la première demi-heure du film. Son jeune héros, Ari, quitte à regret la maison maternelle de Reykjavik pour rejoindre son père, installé dans les fjords de l’ouest. Un père qu’il n’a pas vu depuis 6 ans et qui ne donnait guère de nouvelles de lui. Autant dire que les retrouvailles sont douloureusement silencieuses. Le père comme le fils peinent à trouver le moyen de faire naître une complicité qui n’a manifestement jamais existé.

Ni la chasse au phoque, ni les émissions de télé-réalité nationales, ni les soirées arrosées ne favorisent le rapprochement entre ce père alcoolique passablement déprimé et l’adolescent dépité.

Seules la grand-mère, forte, aimante, intègre, et l’amie d’enfance parviennent à compenser la mélancolie d’Ari, qui trouve aussi le réconfort en exerçant ses talents de soprano dans une cuve désaffectée.

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Qu’il soit poétique, déjantée, loufoque… Le cinéma islandais aime à montrer la réalité des personnages et de leur quotidien de façon décalée. À fortiori quand il est morne. Dans Sparrows, Runar Runarsson franchit un pas supplémentaire dans le décalage. Et l’histoire universelle de l’adolescent qui devient adulte n’est plus ici qu’un prétexte à partir duquel, la solitude, l’addiction, la violence, la paternité, mais aussi la bienveillance, l’amour, la compassion… Seront abordées. Sparrows est un long-métrage sur l’humanité. Une humanité désoeuvrée qui s’exerce à (sur)vivre en vase clos, au fin fond d’un fjord figé dans l’éclat arctique.

Durant cette odyssée pavée d’épreuves souvent douloureuses, parfois extatiques, l’enfant de coeur deviendra un homme, un homme bien, sans oublier qu’il est aussi, encore, un adolescent.

Ingvar Eggert Sigurðsson (Jar city, Des chevaux et des hommes…), le papa désemparé, est égal à lui-même dans la justesse, et Ingvar Oskar Fjalarsson est tout simplement impressionnant en adolescent.

Un seul regret concernant ce film à voir : la qualité de l’image (filmée en 16mm) ne rend pas compte de la splendeur des paysages.

Sortie en France prévue le 13 juillet 2016.

À propos de eric

Chroniqueur taquin en phase d'apprentissage.

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