Une journée en Islande

  • 7h30
  • 8h00
  • 8h05
  • 8h20
  • 8h30
  • 8h45
  • 9h30
  • 10h00
  • 13h30
  • 14h00
  • 15h30
  • 18h00
  • 21h00
Le réveil. Il sonne. On s’en doute. Les réveils ne font pas encore des massages. Donc il sonne. Je l’éteins. Ça fait du bruit un réveil qui sonne. Dans mon semi coma, je sais qu’il va s’énerver à nouveau. C’est con un réveil. Vous lui dites « tu me réveilles à 7h30 », et il se contente de glousser toutes les 10 minutes. Il geint tant que vous n’êtes pas debout.
Je finis par tenter une sortie. Un mouvement après l’autre. D’abord se redresser. J’ai encore les yeux clos. Assis dans mon lit, je ressemble à un automate somnambule. Une jambe, puis l’autre. Toucher le sol. Se connecter à la terre. C’est le secret. Un pull, un autre. Jean, chaussettes chaudes et baskets. L’Islande ne sera jamais l’Espagne. Même au mois d’août. Alors je m’équipe.
8h05 – Café. La panacée. La cible. Sans café, il ne peut rien m’arriver de bon. Il ne peut rien m’arriver du tout en fait. D’abord, le préparer. Faire chauffer l’eau dans la bouilloire électrique. Verser les doses. Arôme chocolat. Oui, c’est curieux. Mais c’est comme ça. Nous aimons le café au chocolat. Attendre que cette p… de bouilloire daigne gémir. Verser l’eau qui frémit dans la cafetière et pistonner. Un bol, deux sucres, une cuillère. Je m’allume enfin.
Tartine, beurre et confiture. Parfois. Quand j’ai faim. Ça dépend des jours. De toute façon, si je n’ai pas faim à 8h20, j’aurais faim vers 10h00. Juste après la douche (voir « 10h00 »).
Je m’installe avec une clope dans l’escalier qui mène au jardin et j’ouvre la porte en grand. Je m’assieds sur une marche et j’écris dans ma tête. Pas facile de se relire. C’est l’un des rares moments calmes de la journée. Les deux plus jeunes sont déjà à l’école, les deux grandes à peine levées et Valérie joue à son tour avec son réveil. Ça fait 10 fois qu’il joue la Lettre à Elise, mais elle ne semble pas être traumatisée pour si peu. Moi, je laisse le vent froid s’engouffrer, avale quelques gorgées de liquide noir et brûlant histoire de maintenir mon corps à une température acceptable et je liste mentalement les trucs que j’aurais à faire ou me récite la suite d’une histoire née dans la nuit. Quand je suis trop endormi, je laisse mes souvenirs vagabonder, en fixant le tableau rectangulaire du paysage immobile qui s’affiche dans l’embrasure de la porte.
Démarrage du MacBook. Premier code d’accès. Ouverture de Firefox directement sur Symbaloo. Re-code. Top Symbaloo. Vous affichez tous les sites qui vous intéressent sur l’écran. Plus pratique que l’usine à gaz des marques pages. Ensuite, les mails. Encore un code. Je prends conscience en écrivant que mon ordinateur est une véritable banque. Le Fort Knox du web. Ha, un message de Kiji, qui propose de m’envoyer un Maroilles. J’accepte. Merci Kiji. Trop sympa. Pour ceux qui ne le savent pas, le Maroilles tient son nom de l’abbaye de Maroilles (Nord). Ce fromage à pâte molle qui contient jusqu’à 50% de matières grasses (ha oui tout de même !), exige un affinage de 8 à 10 semaines. Le goût fort, rude et même rudement fort du Maroilles m’a toutefois dissuadé de tester la tartine de Maroilles au petit-déjeuner. En dépit d’une courte expérience ch’tiesque dans ma tendre enfance.
Douche. J’en ai déjà causé ici : http://vivre-en-islande.blogspot.com/2008/09/apologie-farfelue-de-la-douche.html Je recommence pas.
Fin de la douche. La maison est vide. Je peux enfin travailler tranquillement. Ni femme, ni enfants pendant quelques heures. Un bonheur. LE bonheur. Je l’avoue.
Pause déjeuner. Diététique. Une tartine de fromage frais avec une tomate, un peu de yaourt à boire et un fruit. Et quand j’en ai vraiment ras le cul, je vais me chercher un méga hamburger qui bave de sauces de toutes les couleurs, avec des frites et du Coca. Je connais pas mieux en cas de passage à vide.
Je tente de m’y remettre. Je dis « je tente » parce que deux phénomènes totalement indépendants peuvent parfois survenir et freiner la reprise. L’arrivée soudaine et bruyante des deux plus jeunes et la digestion post fast-food. La seconde tend à m’endormir, les premiers à me sortir de mon apathie et les deux ruinent mes efforts désespérés de concentration.
Bon alors là ça dépend du jour : lundi et vendredi, j’emmène Pablo à son entraînement de foot ; mercredi à ses cours de dessin ; et jeudi c’est la séance hebdomadaire de ménage. Opérations anti-poussières et autres manœuvres ménagères pour mes 4 troufions devenus fées du logis. Charge à eux de nettoyer leurs espaces et une partie de ceux que nous partageons. Le reste m’incombe. Je m’équipe. Casque sur les oreilles, iPod dans la poche et Robbie Williams dans la tête. Ça couvre le violent ronronnement de l’aspirateur. Mais surtout, ça motive. Et pour gagner la guerre contre le désordre et la saleté, de la motivation il en faut.
Direction la cuisine. N’étaient les exigences des unes et des autres, cuisiner pourrait être fort plaisant. Exemple. Ce soir : crostinis. D’ordinaire, il me suffit d’ailler quelques morceaux de pain préalablement grillés, de rajouter sur chacun d’eux une rondelle de tomate, un morceau de mozzarelle fraîche, sel, poivre, un peu de confit de basilic et direction le four, thermostat 180. Laisser dorer 10 à 15 minutes et servir chaud. Ça prend un petit quart d’heure de préparation. D’ordinaire. C’est sans compter les désidératas de certains. Ainsi, Félicie et Pablo ne supportent pas le fromage fondu. Et que peuvent mes réticences devant l’œil humide et la mine contrite des deux gnomes ? Il me faut donc préparer des tartines avec Mozarelle et d’autres sans Mozarelle. Et pour m’éviter un SCUD en pleine poire, je dois aussi m’assurer que la répartition soit équitable ; et compter les tartines. Valérie ensuite, s’y met à son tour. Je dois maintenant prévoir aussi de faire fondre pour elle quelques tranches de Mozarelle sur une assiette séparée. Ce qui n’exclut pas quoi qu’il en soit de prévoir en plus un poireau bouilli, comme chaque soir depuis qu’elle est en âge d’absorber pareille pitance. J’ai fini par en conclure que les temps de préparations et les indications des livres de cuisine étaient pensés par des abrutis, célibataires et sans enfant.
Lentement mais sûrement, une fois les enfants dans leurs chambres, la bruyante effervescence familiale s’estompe pour permettre aux deux parents épuisés de profiter de ce calme inhabituel. Détente. Un DVD peut-être. Un bouquin à terminer certainement. Et une grande nuit de sommeil, en attendant qu’il sonne. Le réveil.

À propos de eric

Chroniqueur taquin en phase d'apprentissage.

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10 comments

  1. Bonjour!
    C’est encore Marie! mon adresse e-mail: marie.leroy2188@hotmail.fr!
    merci d’AVANCE pour les infos que vous pourrez me donner!

  2. Bonjour!
    C’est encore Marie! mon adresse e-mail: marie.leroy2188@hotmail.fr!
    merci d’avancer pour les infos que vous pourrez me donner!

  3. Bonjour Marie. Je serais ravi de vous proposer quelques liens qui pourraient vous servir… Si vous me donniez ne serait-ce qu’une adresse mail pour vous les faire parvenir.

    Merci Majolo !
    Vous avez vous-même de très jolies vaches sur votre blog 🙂

  4. bonjour!
    Je lis avec beaucoup d’intérêt votre blog parce que je suis actuellement étudiante et que je dois partir pour un stage d’un an en Islande à partir du mois d’août et le pays m’étant franchement inconnu, ce sont des infos précieuses!
    Je suis en ce moment à la recherche d’adresse de guesthouse à reykjavik pour mes premières semaines avant de chercher une colocation. Connaitriez-vous des adresses correctes et pas chères?

  5. Salut Ami Islandais

    Voilà une journée bien remplie. de te lire est toujours un réel plaisir.

    Tout d’abord je réitère ma proposition : lorsque tu passes sur Paris on se donne rendez vous pour manger un Maroilles avec une bonne Pils. Je devrai y être le 15/05. Perso je trouve qu’en bouche le maroilles n’est pas si fort que celà 😉

    Ensuite, je suis d’accord avec toi sur ce qui concerne les indications des livres de cuisine. Tu as oublié une catégorie : les ménagères des années 50 et 60 qui pouvaient consacrer des heures à faire la cuisine.

    Je vous souhaite encore de belles années à vivre dans votre petite ruche Islandaise 🙂

  6. Bonjour et merci de ta visite car elle me permet de découvrir ton blog super sympa, j’aime beaucoup ton rédactionnel;-) j’ai regardé également le blog de location de la maison…..très bien fait aussi, je suis moi-même en pleine tentative de construction de site pour la loc d’une maison…..;-p
    J’espère à bientôt il faut que je t’enregistre dans mon favoris!

  7. « moi-même », je n’y pas parvenu. Cela dit, je n’ai jamais vraiment essayé !

    Jelb – Moins de 300.

  8. Bonjour,
    Un blog bien conçu..Beaucoup de francophones en Islande ??..Bravo!

  9. ah la clope du matin avec le café!!! quel bonheur que je ne connais plus depuis 1 an 1/2….

  10. Bonne Nuit!

    amélie

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