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Festival international littérature reykjavik

Reykjavik, le rendez-vous des écrivains

C’était vers la mi-septembre, le sorbier rougissait les trottoirs de Reykjavik de ses lourdes baies tombées en grappes, une brume persistante voilait la face de la sublime Esja et un crachin atypique baignait la ville. Le long du bitume, on voyait des bannières étranges: celles du Congrès International de PEN, et puis celles du Festival de la Littérature de Reykjavik.

Quelle fête ce fut, un vrai régal !

Le monstrueux diamant de Harpa, érigé non point par soif de culture mais par pur besoin de frime, prenait tout à coup un sens poétique, magique et merveilleux. En effet, il a abrité pendant quelques jours plusieurs des plus grands écrivains de la planète et servi de terrain de jeu à la liberté d’expression, à la liberté des langues, aux échanges créatifs. La Maison nordique a également rayonné d’intelligence et d’humanisme, sans oublier le vieux théâtre au bord du lac, Iðnó, où la fête se poursuivait tard dans la nuit. Les auteurs islandais ont croisé leurs semblables venus du monde entier. Les affres de la crise domestique, la guillotine Icesave, tout cela a été effacé l’espace de ces quelques jours. Une fête vibrante.

D’abord, les délégués des centres PEN du monde entier se sont rendus à l’Ambassade de Russie pour remettre une résolution à l’ambassadeur, à propos de l’emprisonnement des membres de Pussy Riot et de la politique des autorités envers les homosexuels. Et puis cette double célébration littéraire a coïncidé avec un triste événement que le monde a commémoré : les 40 ans du putsch de Pinochet. L’auteur chilien Antonio Skármeta était à Reykjavik. Il a parlé du Chili et de cette époque sombre qui marqua le début de son exil. Le film NO, sorti l’année dernière, est basé sur une pièce de théâtre qu’il a composée sur la chute de Pinochet. A la fin des années 80, sous la pression d’instances internationales, le sinistre dictateur Sud-Américain avait organisé un référendum visant à entériner sa ré-élection; mais à la surprise générale, la majorité des électeurs avait dit NON à son régime. Même Pinochet avait tenu compte des résultats du scrutin. Tandis que les autorités islandaises ont préféré enterrer la constitution toute neuve, composée et votée par les Islandais lors d’un référendum en bonne et due forme. Outrageux.

Les écrivains sont une force invincible, que leurs plumes fleurissent en tout temps, que leurs livres restent à jamais des armes à toute épreuve.

reykjavik PEN international

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