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Tomas R. Einarsson

L’interview vivifiante de Tomas R. Einarsson

Aviez-vous déjà entendu parler de Tomas R. Einarsson ? Moi pas. Je ne connaissais pas ce contrebassiste de jazz avant d’apprendre qu’il devait se produire à Paris avec sa formation. C’était en novembre dernier à l’Institut Finlandais. Avec l’accord de ce dernier, rendez-vous fut pris dans le 5e arrondissement de Paris pour un nouvel « Entretien vivifiant« . La perspective de rencontrer cet islandais amateur de musique cubaine avant son concert dans une maison de la Finlande ne pouvait qu’augurer de bonnes choses. Je ne fus pas déçu.

Les personnes qui décident d’abandonner à l’âge de 25 ans une brillante et paisible carrière d’enseignant en espagnol pour écrire l’improbable sucess story planétaire d’un musicien de jazz se comptent sur les doigts de pieds d’un cul de jatte.

A fortiori s’il s’agit de chatouiller les quatre cordes d’une contrebasse, un instrument dont le potentiel d’embrasement des foules n’a, à ma connaissance, pas encore été totalement démontré. Autant dire que les chances de réussite de notre héros s’évaluaient à l’aune des températures de Seyðisfjörður. Un mois de décembre.

C’est à l’issue d’un concert auquel il se rendit au printemps 1977 que Tomas plongea dans le jazz et la musique latinos comme on s’enfonce dans le confort décontractant d’une source d’eau chaude. Ella Fitzgerald, le Count Basie Orchestra et l’Oscar Peterson Trio furent à ce contrebassiste un temps partenaire de Chet Baker ce que la charlotte aux fraises est au gourmand : une tentation à laquelle on ne résiste pas. Voilà plus de 35 ans qu’il occupe brillamment son temps à jouer avec les contretemps et à manier la cordelette en métal avec une dextérité maitrisée, rendant obsolètes les prévisions statistiques inconsidérées. Observer ce sexagénaire enlacer sa contrebasse pour lui faire jouer du Tito Puente ou du Ray Barreto, c’est comme regarder un individu danser la salsa avec une femme aux allures de violon géant. Un truc à voir.

Tomas R. Einarsson

Un truc auquel j’ai eu le bonheur d’assister à deux reprises. La première fois à l’occasion de la représentation donnée à l’Institut Finlandais. La seconde lors d’une réception à la résidence de l’Ambassade d’Islande en France. Tomas Ragnar Einarsson et ses trois acolytes (Kristján Martinsson au piano, Ómar Guðjónsson à la guitare et Matthias MD Hemstock aux percussions) y interprétèrent quelques morceaux dont l’un vous est proposé dans la vidéo. Abandonnés à leur monologue musical telle une formation débutante reléguée dans la salle d’une pizzéria de quartier un soir du nouvel an, les musiciens jouèrent Hvitur Kjoll (tiré de l’album Bassanott) devant une assistance plus encline au gai papotage qu’à un déhanchement débridé de popotin.

Tomas R. EinarssonVous souhaitez aborder l’univers de Tomas ? Mais par quoi commencer ? Si vous aimez les chansons, démarrez avec Truno. Votre préférence va à l’instrumental jazz latino ? Optez pour les 4 albums de Reykjavik Havana, éventuellement pour Bassanott, qui vient de sortir. Et si vos goûts vous portent vers les classiques du jazz nordique, choisissez Undir 4.

À propos de eric

Chroniqueur taquin en phase d'apprentissage.

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