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Emiliana Torrini

Torrini dans le métro

On sait la scène islandaise riche. Riche d’artistes de tous horizons musicaux qui épousent à merveille les moments de notre quotidien loin des champs de lave. Ceux qu’on aime parce qu’ils nous réveillent en douceur le matin. Ou bien ceux qui ravivent en nous la vigueur des brises salines sur le chemin du boulot. Ou encore ceux qui font naître un sourire sur notre visage quand on les découvre dans la bande annonce d’un film, à la pensée que personne d’autre ici présent ne se doute du pays qui a vu naître l’harmonie enchanteresse qui envahit la salle noire. Parmi tous ces artistes, il y en a bien une à qui je laisserais sans crainte la tâche d’accompagner mes journées de parisienne d’adoption, s’il devait être question d’exclusivité : il s’agit d’Emiliana Torrini.

Tookah

Bien que son patronyme soit trompeur, la belle Emiliana est bel et bien bien une enfant du pays de Björk. Elle grandit à Kopavogur où, dès son plus jeune âge, la musique a déjà une place de choix dans sa vie : choriste dès l’âge de 7 ans, étudiante à l’opéra adolescente, elle a bien dans la peau, autant ses racines maternelles islandaises qu’une longue éducation musicale qui fleurira dans la signature vocale propre qu’elle nous dévoile aujourd’hui dans Tookah.

5 ans après un album internationalement salué, avec comme figure de proue l’entêtant Jungle Drum, on est à nouveau touché par la grâce de l’ensorceleuse du Nord. 5 ans : le temps de savourer la vie, de la donner, et de nous livrer, le 9 septembre dernier, un nouveau bijou du nom de Tookah, à la fois précieux et délicat, de ceux qu’on arbore avec délice pour un peu n’importe quel prétexte. Après ces 5 années de quasi totale absence, autant dire que l’annonce de son nouvel album était plus qu’attendu. Mais quand on tient fermement le petit boîtier à la pochette énigmatique entre les mains, c’est un peu comme un matin de Noël pour ceux qui n’ont pas passé la première dizaine.

emiliana torrini

Puisque nous sommes entre nous, je poursuis dans la confidence : la musique d’Emiliana Torrini, c’est un peu, pour moi, comme une vieille amie. De celle qui te réconforte comme un bon pull dans lequel tu as écumé une partie de la terre et avec qui tu as un plaisir presque dionysiaque à partager un simple mug de thé au jasmin derrières les vitres embuées, à regarder rougir les feuilles des arbres. Mais c’est aussi celle avec qui tu partages une danse à l’accent tribal au milieu d’une piste qui ne s’y prête pourtant pas. Jungle drum dans les oreilles sur ton trajet de métro quotidien, c’est l’assurance de te faire claquer des doigts et chanter comme une possédée sur les refrains, sous le regard plus inquiet qu’amusé de tes compagnons de voyage souterrain, lesquels, visiblement, n’ont pas la chance d’avoir comme garante d’une bonne humeur du matin, une partenaire sonore islandaise.

Le mystère qu’illustre la pochette de son nouvel album rejoint bien celui de sa petite personne : elle est double, la belle Torrini. Islandaise et italienne dans son sang autant que dans son nom, à la fois femme de pêcheur et maîtresse d’une jungle déchaînée, elle célèbre l’union des contrastes et des personnages en un univers qui laisse dans nos têtes une douce saveur onirique. Elle mélange avec une virtuosité qui porte bien sa signature, une folk aux accents de berceuse à l’électro enivrante, une douceur toute féminine et bienveillante à la classe d’une vraie pop star sortie d’un univers un peu rétro. Quand on est amoureux de l’Islande et (presque) autant de la douceur de vivre toute méditerranéenne, on retrouve bien cette alchimie oxymorique dans sa musique : c’est le soleil de minuit les pieds dans l’Adriatique, la dolce vita dans un Lopapeysa.

Alors, on ferme les yeux et on prend le large, avec aux commandes celle qu’on ne saurait dire sorcière, créature vaporeuse ou oiseau de paradis.

© Photos trouvées sur la Page FB d’Emiliana Torrini

À propos de Marie

Rat de bibliothèque, grignoteuse de tofu.

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