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Birkifeti aime la myrtille islandaise. Moi aussi !

Près d’une coulée de basalte rocheuse, assis entre þúfur et herbes hautes et grasses, je cueille une à une les myrtilles qui pendent à chaque arbrisseau. Lorsque je soulève les feuilles déjà rouges d’automne on découvre une multitude de baies. Celles qui m’intéresse le plus sont les Aðalbláber (Vaccinium myrtillus), voire aussi les Aðalber. Je laisse de coté les Bláber qui ont un goût plus passif que les autres et résistent moins au cueillage.

La récolte de la myrtille islandaise va bon train.

Le soleil est à dix heures et il y a un silence magnifique. Les perles noires s’égrènent dans mon seau au rythme de mon bon vouloir et elles sont énormes. Cela devient mécanique et reposant. Alors que mes mains s’imprègnent petit à petit d’une touche violette, mes pensées vagabondent sur la plage de Rauðisandur où mes pas ont laissé une trace sur une des plages les plus extraordinaire de l’île. Arrêt d’un petit périple dans le Skagaströnd avant le calme idyllique. Une vraie plage de sable jaune sur plusieurs kilomètres qui invite au farniente. On croit rêver ! Il n’y pas un seul touriste bronzant sur toute l’étendue. Seuls quelques moutons paissent sur un bout de toison verdoyante près du rivage pour se gorger de sel. Un nombre important d’espèces d’oiseaux se reposent ou se nourrissent. L’eau de mer est profondément bleue azur. C’est comme si mes doigts en avaient gardés la trace alors qu’ils fouillent chaque feuillage à la recherche de tout ce qui est noir-bleuté. Une tarte aux myrtilles ce soir changera de l’habituel. D’ailleurs celle que nous avons mangé dans un petit restaurant très sympathique à Tálknafjörður n’était pas à mon goût. Par contre le poisson lui était parfait. Dans un village de pêche que demander d’autre ? Éventuellement un poisson accompagné de quelques champignons de saison…

Mon panier en est plein. Trois kilos de Gulbroddi (Hydrum Repandum). Après avoir rempli mon seau de myrtilles, sur le chemin qui mène à la maison, les champignons me saluent et me demandent d’être ramassés. Je les exauce. Avec le gigot d’agneau ils fourniront un apport de délices. Rares sont les Islandais qui en ramassent. La peur de se retrouver à l’hôpital les hante. Tant mieux pour les autres.

Le soir au dîner on relata l’état des myrtilles et à plusieurs reprises le nom de Birgir Feiti revenait. Oui, dit l’un, Birgir Feiti est arrivé ! Tiens, me dis-je. On attendait quelqu’un ? Et qui est-ce ? demandais-je. On me regarde étonné et les rires fusent. On ne parle pas de Birgir Feiti mais plutôt de Birkifeti ! Les joies des sonorisations linguistiques que les étrangers trouvent ! Je m’enfonce encore plus dans mon ignorance pour apprendre que Birkifeti (Rheumaptera hastata) est une larve de papillon de la famille des Géometriadae qui se gave de myrtilles. Voila encore une chose d’assimilée… Alors que Birgir Feiti (Birgir Le Gros) lui, est un mécanicien-auto qui habite dans les fermes et collectionne les épaves d’automobiles; il est de la famille des Elephantidae Cunnus. Pour ceux qui ne savaient pas…

Au loin la terre tremble. Prémices d’une nouvelle éruption imminente sous le Vatnajökull. Qu’à cela ne tienne. Mes confitures seront prêtes avant d’autres coulées de lave.

À propos de Jean

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